Allaiter est-il vraiment pour les fainéantes ?

Ces derniers temps, beaucoup de mes contacts ont repris sur Facebook une illustration de Korriganne qui montre que l’allaitement est pour les fainéantes. Sur le papier, je suis d’accord. Quand tout se passe bien il n’y a pas besoin de matériel type biberon+eau+lait maternisé voire chauffe biberon… Mais quand ça se passe comme chez moi, croyez-moi, ça n’a rien d’une mince affaire !

Allaitement-Korriganne

(Merci à Korrig’anne de m’avoir permis d’utiliser son illustration)

La mise au sein

Au départ, tout était rose. Bébé prenait le sein, tétait, prenait son du et s’endormait sourire et gouttes de lait aux lèvres. Puis la fatigue n’aidant pas, j’ai cédé au biberon puisqu’il avait des compléments (Si vous ne savez pas pourquoi, la session de rattrapage est ici : l’allaitement de la dernière chance).

Petit à petit, c’est devenu un combat acharné. Bébé voulait du sein mais n’arrivait pas à tirer son nécessaire pour différentes raisons : petit frein de langue + tension dans la mâchoire (due à sa naissance et très vraisemblablement à cause du cordon enroulé autour de son cou…). De cette étape, nous somme passés à la suivante : celle du hurlement dès la mise au sein…Situation très éprouvante pour la maman que je suis qui se sentait rejetée par son bébé et qui ouvrait d’anciennes plaies du passé…

A l’heure actuelle, après avoir fait une « pause mise au sein » et après avoir gardé simplement M. en peau à peau et en le laissant s’endormir contre mon sein sans le mettre en position d’allaitement, nous arrivons à retrouver une mise au sein correcte, sans hurlements ! Malheureusement, comme il n’a plus tété depuis un moment, il ne sait plus comment faire. Il essaie, je le vois. Tout est là pour qu’il y parvienne mais la frustration cède place à l’énervement et je ne peux que le comprendre. Quand cela se passe ainsi, j’arrête et je passe à autre chose pour y revenir un peu plus tard, toujours dans l’espoir qu’un déclic se fasse et qu’il y parvienne de nouveau. Les rares fois ou il tente, il serre les gencives… Je ne vous fais pas de dessin, vous comprendrez aisément pourquoi moi je serre les dents…

Nourrir son enfant

On le sait, on nous le dit : quand on veut allaiter, le biberon, c’est le mal  ! Cause N°1 de foirage d’allaitement précoce: la tétine du bib (et la tétine tout court). Au départ, M. prenait les deux et avait une succion différente. Je ne m’inquiétais donc pas mais quand il a commencé à refuser le sein et que seul M. bibi a été le bienvenu, j’ai vite vu qu’il était facile d’oublier la « nature »…

Quelles solutions alors ? J’ai eu la chance d’être épaulée par une amie dès le début de mon allaitement (Merci Aurélie!). Face à mes difficultés, elle m’a conseillée de consulter Véronique Darmangeat, « une magicienne de l’allaitement » ai-je entendu. Le rendez-vous a été pris très rapidement et Mme Darmangeat est intervenue très rapidement à mon domicile. Après avoir examiné M. (frein de langue, palais etc. avec des gants (ce que les sages femmes n’avaient pas fait à la maternité!), elle a vu que sa succion n’était pas efficace. Nous avons tenté une mise au sein, mais M. s’énervait déjà. D’un geste sûr, elle est parvenue à le mettre en position et il a commencé à téter. Confirmation, il n’ouvre pas assez la bouche. Le problème de la succion inefficace, c’est qu’elle ne stimule pas correctement le sein et qu’il ne produit donc pas de façon optimale.

Elle m’a donc donné ses recommandations :
– Mise au sein à essayer avant chaque complément
– Tirage en double pompage 8x/24h, 15 minutes à chaque fois (environ toutes les 2heures avec au moins un tirage la nuit).
– Je prenais déjà des gélules de fenugrec à hauteur de 3x2gélules par jour, elle m’a conseillé d’en ajouter 2 de plus, soit au coucher, soit la nuit.
– Pour donner les compléments : A la seringue en glissant mon petit doigt dans la bouche de bébé pour qu’il tète et puisse avoir le réflexe de déglutir (ce qu’on ne m’avait pas expliqué à la maternité…) et en glissant l’embout de la seringue (sans aiguilles, évidemment) sur le côté de mon doigt.

IMG-20160305-WA0001

Si le lait est assez « liquide » (donc mon lait et non la version épaissie en boite), je peux utiliser le DAL soit au sein, soit en le fixant sur mon doigt. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, il s’agit simplement d’une bouteille remplie du lait duquel sortent deux tuyaux qui fonctionnent comme une paille : bébé tète et le lait arrive… Aussi simple que ça dans la théorie, beaucoup moins dans la pratique… Comme pour la seringue.

DAL

Le problème avec la seringue, c’est que ce n’est pas confortable et que mon fils en met partout (j’use en moyenne 3 bavoirs et je dois le changer de toute façon à la fin tellement il en recrache à côté.)
Le problème avec le DAL, c’est que le tuyau énerve bébé…
Bref, il y a bien des fois où je cède au bib parce que je n’en peux plus et qu’il a tellement faim qu’il hurle…

J’ai tous les conseils, ils sont à suivre, mais entre la théorie et la pratique, je me rends bien compte que j’ai du mal à suivre. Pour bien faire il faudrait une consultante en lactation avec soi 24h/24 pendant une bonne semaine après la naissance, j’en suis convaincue, ça m’aurait aidé !

Avoir suffisamment de lait

Quand bébé ne se charge pas de la stimulation, il faut la confier au tire-lait. Bien que moins efficace que bébé, le tire-lait sera toujours un allié si vous ne voulez pas stopper prématurément.

Différents problèmes se posent à moi en plus de l’absence de tétée de la part de bébé qui font que je lutte pour avoir une lactation suffisante. Moins on tire, plus elle baisse. plus on tire, plus elle augmente.  Avec les vacances scolaires +la maison à gérer+ le quotidien en général, dur dur de trouver le temps pour tirer son lait ! Mais voyant que ma lactation baissait vraiment trop, j’ai décidé de prendre le temps de faire les tirages nécessaires !

Lundi, je n’avais que 40ml/24h. hier, soit 5 jours plus tard, c’est 100ml que j’ai obtenu. Je dois avouer que c’est assez douloureux et sensible. je serre un peu les dents au départ mais voir que M. arrive à se mettre devant le sein sans hurler, voir même essaie de re téter me donne la force de continuer.

DSC_0943

Augmenter sa lactation

J’ai revu tout ça à la baisse mais voilà en gros à quoi ressemble ma journée en une photo

DSC_0404

Chaque minuscule moment qu’il accepte au sein est une victoire. Qu’on ne vienne pas me dire qu’allaiter quand ça se passe comme ça est un truc de feignasse. Dans une autre vie, j’espère vraiment un allaitement de feignasse ! 🙂

Merci également à Tania Garcia, illustratrice de talent que j’ai contacté pour son activité  (j’ai espoir d’une belle illustration comme celle là pour marquer le coup…) et qui s’est avérée être une bénévole qui aide les mamans pour leur allaitement et qui m’épaule également !

Rendez-vous sur Hellocoton !
Google+